Every day is a second chance…

PRINCIPALE

Bonjour ! 🐶

Je ne sais pas par où commencer – par le commencement tiens ! – tout est encore flou dans mon esprit, j’ai même du mal à tout mettre en ordre, à trouver les mots justes pour dire ce que je ressens, ce que je vis. J’hésite encore à écrire, j’hésite encore à tout raconter mais ça me fait du bien. Je n’ai pas peur d’être jugée, j’ai juste peur de ne pas savoir m’en sortir. Ca risque d’être un peu brouillon, comme moi au final, au moins ce texte me ressemblera.

[EDIT : j’ai écrit ce texte au mois de mai, pendant cette période où j’allais vraiment très mal. J’ai fait le choix de ne pas modifier le temps, de laisser certains passages tels que je les ai écrit, au présent. Seul le pronom « Tu » a été changé en « Il ».] 

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Vous avez déjà eu l’impression de ne pas être à votre place sur cette terre ? De vous demander à quoi vous servez ? Je me pose cette question tous les jours et je n’ai encore obtenu aucune réponse. Ma place, je ne la trouve toujours pas. J’ai l’impression que rien n’est fait pour moi, que rien ne me convient. C’est peut-être tout simplement moi qui cloche. Deux choses m’ont filé entre les doigts. L’une que j’ai laissé filer volontairement et l’autre qui m’a échappé sans que je ne puisse la rattraper.

 

La première est un rêve que j’ai laissé filer – ce n’était peut-être simplement que ça au final – je voulais devenir professeur des écoles, c’était ça mon rêve depuis toute petite, alors j’ai suivi le master pour me former et je l’ai obtenu. En plus d’un Bac+5, il fallait également obtenir le CRPE (Concours de Recrutement de Professeurs des Ecoles), concours que je n’ai malheureusement pas obtenu mais que je comptais bien repasser ! Sans concours je ne pouvais pas être titularisée et avoir ma propre classe, j’avais donc décidé de faire des remplacements entant qu’Auxiliaire Déléguée dans les écoles maternelles et primaires en attendant de le repasser. Mais voilà, je commençais à me demandais si j’étais vraiment faite pour ce métier. Ma motivation pour repasser le concours était plus proche de zéro que de dix. Que m’arrivait-il ? Inutile de se voiler la face plus longtemps, je n’avais pas envie de me plonger à longueur de journée dans les bouquins pour réviser, je dirais même que je n’en avais tout simplement plus envie. J’avais l’impression de stagner, de ne pas avancer et je me posais sans cesse les mêmes questions : « Et si je ratais encore une fois ? » « Et si je n’ai pas le concours, je ferai quoi après ? » De plus, la situation de remplaçante ne me convenait pas, je me mettais la pression pour y arriver et ne pas abandonner mais après une mauvaise expérience dans une classe, ma santé commençait sérieusement à en pâtir. J’ai été en repos forcé ce qui m’a permis de réfléchir à ma situation. Je n’ai rien fait sur un coup de tête, j’étais entrain de prendre une décision importante puisqu’elle avait un lien direct avec mon avenir, et plus précisément avec ma vie professionnelle. C’était toujours et sans cesse la même question qui revenait : qu’allais-je bien pouvoir faire plus tard ? Mais « plus tard » un jour ça devient « aujourd’hui » et je ne savais toujours pas où j’en étais ! J’ai décidé de prendre les devants et de commencer à avancer. Qui ne tente rien n’a rien et, même si je dois le regretter un jour, ce choix m’appartenait totalement ! J’ai décidé d’arrêter les remplacements et de ne pas repasser le concours pour changer de voie. Oui, c’était comme si j’avais besoin de changement. Je ne voyais plus ce métier du même oeil à présent et je sentais que j’étais à mon maximum. Ce choix était volontaire et je l’assume. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même d’être dans cette situation, c’est-à-dire à la recherche d’un emploi, mais j’étais motivée à vite trouver du travail. S’il n’y avait eu que ça, que la recherche d’emploi, j’aurais très bien pu le surmonter mais un deuxième évènement m’est tombé dessus au moment où je m’y attendais le moins…

 

Cet évènement est la seconde chose qui m’a filé entre les doigts. Cet évènement est ce qui a précipité ma chute dans un cauchemar bien réel. C’est de cela qu’il est question ici et dont j’ai encore beaucoup de mal à m’exprimer sur ce que j’ai pu ressentir. Je m’attendais à tout sauf à ça. Jamais je n’aurais pensé que nous deux ça se terminerait comme ça. Je n’ai d’ailleurs jamais pensé que nous deux pouvaient réellement avoir une fin et pourtant il faut croire que si. Au début ça fait un choc surtout quand on ne s’y attend pas. Je refusais d’y croire, j’étais bornée, je pensais que ça s’arrangerait dans les jours à venir, je gardais espoir. Mais rien ne s’est arrangé, c’était même pire. Vous avez deviné ? Après 7 ans merveilleux passés ensemble, celui que je considérais comme mon tout a décidé de partir puis par la suite de me quitter, lâchement… Nous étions au mois de décembre. Au début c’était juste une histoire de séparation, tant que la situation ne s’arrangeait pas (comprenez bien : ma recherche d’emploi) il préférait que l’on arrête. Mais qui fait réellement ça par amour ? Personne. Enfaite c’était juste une excuse bidon pour ne pas m’avouer qu’il en sautait une autre dans mon dos. Je n’ai appris la vérité que bien plus tard, au mois d’avril, après qu’il ait joué avec moi pour de nouveau lâchement m’abandonner. Je sais ce que vous devez penser : « non mais la fille elle a juste vécu une rupture et elle en fait toute une montagne ? C’est bon, tout le monde a déjà été trompé au moins une fois dans la vie ! » Oui c’est vrai, il ne s’agit bien là que d’une simple rupture amoureuse mais cette rupture fut très douloureuse pour moi et au fil de ces différents paragraphes vous allez comprendre pourquoi… Bien trop souvent, on pense que certaines histoires n’arrivent que dans les films et pourtant nos vies sont parfois bien plus compliquées que le scénario d’une série américaine pour ados.

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Comment s’en sortir dans ces cas là ? Comment allez mieux ? Je me pose encore la question. Rien n’est simple dans la vie, on le sait tous. Oublier une personne s’est compliqué alors oublier une personne quand on n’en a pas envie c’est tout simplement impossible tout comme arrêter d’aimer cette personne avec laquelle on a partagé tant de choses. On ne choisit pas d’aimer et on ne décide pas de ne plus aimer. Je n’ai pas choisi de continuer à l’aimer, je n’arrive tout simplement pas à taire mes sentiments, ce que j’éprouve pour lui est devenu bien trop fort, toxique même. On ne commande pas ses sentiments, on vit avec. Et c’est ce que j’ai fait, j’ai laissé tout un tas de sentiments me submerger et j’ai fait semblant, semblant d’aller bien, semblant de ne pas souffrir, semblant de le détester mais au bout d’un moment cette carapace que je m’étais forgée s’est fissurée et les larmes se sont mises à couler et mon cœur a saigner, sincèrement. Alors pour éviter de souffrir encore plus, j’ai mis mes sentiments en mode « off ». J’ai essayé de m’occuper l’esprit pour penser à autre chose qu’au manque. Et puis un jour il est revenu, il a à nouveau fait l’effet d’une bombe. Un ouragan. Il a été un ouragan dans ma vie. En y entrant et en y sortant. Il a tout dévasté dans mon corps, mon coeur et mon âme. Le mode « off » qui me protégeait jusqu’ici s’était réinitialiser tout seul, sans mon accord. Mes sentiments ne demandaient qu’à s’exprimer, qu’à sortir, même si ça voulait dire de souffrir à nouveau. Le revoir m’a fait autant de bien que de mal. Comme je l’ai dit, on ne choisit pas d’aimer ou non une personne et moi j’ai sombré encore une fois. J’ai sombré dans les ténèbres, j’ai sombré dans la douleur, mais j’ai aussi sombré dans cette passion dévorante qui me reliait encore et toujours à lui. Je suis la seule à pouvoir mettre un terme à ce mal que je ressens partout en moi, j’en ai clairement conscience, mais je ni arrive pas, ou plutôt je ne le veux pas ! Je ne veux pas tiret un trait, je ne veux pas abandonner ! Si j’abandonne ça voudra dire que je n’accorde plus aucune importance à notre histoire, à notre amour et c’est faux. C’est dur. La vie est dure mais pas de la même façon pour tout le monde.

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Vous êtes vous déjà sentis réellement seuls ? Attention, pas le genre de solitude bidon qu’on ressent lorsqu’on s’ennuie à mourir chez soi parce que tout le monde est parti. Non, le genre de solitude qu’on ressent quand on a été abandonné. Le genre de solitude qui nous fait sentir réellement seuls au point que nous ne sommes plus rien et plus personne. C’est ce que je ressentais à chaque fois que je pensais à lui. C’est ce que je ressentais à chaque fois que l’on se voyait et qu’ensuite chacun rentrait de son côté.  Je me demandais sans cesse pourquoi il m’avait fait ça ? Pourquoi il avait agit de cette façon avec moi ? Ce qui me faisait vraiment mal c’est que quand on se voyait, j’avais l’impression que tout était comme avant, j’avais l’impression d’être heureuse à nouveau. Je voulais que ce moment ne s’arrête jamais ! Quand il me serrait dans ses bras, qu’il me caressait les cheveux et qu’il m’embrassait le haut du crâne, j’aurais aimé que ça dure pour toujours ! Mais une fois qu’on se séparait, une fois que chacun rentrait chez soi, c’était comme si je n’existais plus. Est-ce que vous avez déjà ressenti ce sentiment d’être un jour tout pour quelqu’un et le lendemain de n’être plus qu’une étrangère à ses yeux ? Avez-vous déjà, ne serait-ce qu’un jour, ressenti le fait de n’être plus rien tout simplement ? J’avais ce sentiment de n’être plus rien, de n’être plus personne quand il s’en allait et encore plus lorsqu’il ne répondait à aucun de mes messages. Ca me blessait. Le silence, l’ignorance, ça fait mal. L’être humain n’est pas fait pour vivre seul, il a besoin de contact, il a besoin de se sentir utile sur cette planète et il a surtout besoin qu’on lui porte de l’attention. Je me demandais alors ce qu’il fallait que je fasse pour attirer son attention ! Fallait-il que je me transforme en une Amélie, une Alice ou une Cécile pour qu’il daigne me porter un soupçon d’intérêt ? J’aurais aimé qu’il soit honnête envers lui-même mais surtout honnête envers moi. Ce qu’il n’a malheureusement pas fait. Tout ce qu’il a su faire c’est me mener en bateau de A jusqu’à Z et moi je l’ai suivi, aveuglément, amoureusement. Pourtant je lui avais déjà dit : « on ne fait pas ça quand on aime vraiment une personne. » Peut-être ne m’aimait-il pas vraiment alors.

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Je suis là, allongée sur mon lit, me demandant encore si la vie vaut vraiment la peine d’être vécue si c’est pour souffrir la majeure partie du temps. Les larmes coulent, on dirait des torrents. La chanson Parce que c’est toi d’Axelle Red raisonne dans ma tête et je n’arrive pas à me l’enlever. Elle me fait tellement pleurer cette chanson, les paroles sont vraies, elles me parlent, elles me touchent, elles me rappellent tout ce que j’éprouve pour lui. S’il l’écoutait, il comprendrait sûrement. En tout cas, moi, je ne peux l’entendre sans me mettre à pleurer, sans cesser de penser à lui, sans ressentir une douleur dans la poitrine, sans voir la triste et douloureuse réalité en face. « Toi et Moi » c’est bel et bien terminé. Il n’y a même plus de « Toi et Moi » en réalité, ça n’existe plus. « Je te connais trop bien pour ça. Je connais par cœur ton visage, tes désirs, ces endroits de ton corps qui m’disent encore : parce que nous, c’est fort ! Parce que c’est toi, j’oserais tout affronter, et c’est toi à qui j’pourrais pardonner. Parce que c’est toi le seul a qui je peux dire qu’avec toi je n’ai plus peur de vieillir. » Quand on s’est revu, la première chose qu’il a faite c’est me prendre dans ses bras. Cet acte spontané m’a permis de tout oublier l’espace d’un instant. La douleur, la souffrance, mon coeur brisé, tout ça n’existait plus l’espace d’un instant. Il m’a pris dans ses bras et il m’a serré fort contre lui comme s’il me disait : « ne t’inquiète pas, tout va bien se passer maintenant. Je suis là, tout va s’arranger. » Sauf que j’avais tout faux, c’étaient plutôt ses adieux que nos retrouvailles. « Y’a beau en avoir 150, j’oublis rien tu sais. » Sauf que pour moi il n’y en avait pas 150, il n’y en avait qu’un. Il n’y en a qu’un. Il n’y a que toi. La vraie différence elle était là. Toutes les paroles qu’il m’a dites ce jour-là raisonnent encore dans ma tête. Puis il m’a embrassé. C’était quoi pour lui ? Il signifiait quoi pour lui ce baiser ? C’était une sorte de baiser d’adieu ? C’était pour se convaincre qu’il ne m’aimait plus ? Ou c’était simplement pour me prouver que j’étais encore et toujours dépendante de lui ? Il n’avait pas besoin de ça pour me prouver quoi que ce soit, j’étais déjà toute à lui. Parce que oui, quand on s’est revu, j’ai eu l’impression de tomber amoureuse à nouveau. Je tombais amoureuse de lui une seconde fois. Sa simple présence, ses douces caresses, le contact de ses lèvres sur les miennes, c’était comme si le temps s’était arrêté de tourner. C’était comme s’il n’y avait plus que lui et moi sur cette terre. Plus que lui et moi pour nous aimer à nouveau. Lui et moi pour nous laisser une autre chance. Mais il m’a menti encore une fois. Il m’a trompé. Il a joué avec moi. Il m’avait attribué le plus mauvais rôle. J’avais l’impression de me retrouver dans la peau de la simple amante, celle qu’on appelle uniquement lorsqu’on en a besoin. Je n’étais plus que ça à ses yeux, celle qu’il appelait quand il en avait besoin. Une vieille chaussette. « Un homme infidèle ce n’est pas sa femme qu’il trompe mais lui-même. »

 

Le suicide vous y avez déjà pensé ? Moi oui. Ca vous est déjà arrivé de vous lever le matin et de vouloir en finir ? Ca vous est déjà arrivé de vous coucher le soir en pensant à la meilleure façon de mourir ? Moi oui. J’allais mal. Très mal. Mes pensées étaient de plus en plus noires. Je voyais la belle couleur rouge du sang couler, goûte à goûte, sur un beau drap blanc, ou alors je ne voyais que du noir, les ténèbres, mes démons intérieurs et du noir partout. J’en étais arrivée à un point où, à chaque fois que je regardais par la fenêtre de ma chambre, j’avais juste envie de l’ouvrir et de me jeter par dessus, où je fouillais dans les cachets, les larmes aux yeux. Un soir dans mon bain j’ai attrapé un rasoir, j’ai admiré le bleu de mes veines et la lame sur elles. J’ai imaginé mon sang couler et se mélanger à l’eau transparente du bain. C’était beau. Un simple ciseau, un simple couteau et je vois le sang couler sur mes poignets. Tout ce que je vois c’est du sang. Mon sang. Un midi, je coupais des légumes pour mon repas, un couteau à la main, et soudain mon cœur s’est emballé, une boule d’angoisse m’a envahi, ma respiration s’est accélérée. Je regardais mes poignets, j’imitais le geste du couteau sur eux. J’ai eu peur. Je ne sais pas pourquoi j’ai hésité toutes ces fois. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu le courage de continuer et d’en finir. Au moins je n’aurai plus ressenti la douleur, toute cette souffrance en moi qui me ronge jour après jour. Souffrir ça fait mal mais je me suis rendue compte que mourir n’en valait pas la peine, que ça n’arrangerait rien, que c’était la facilité et surtout que c’était lâche comme ce qu’il m’a fait. Mais les pensées noires sont toujours là et j’ai peur qu’un jour je ne sois plus assez forte pour affronter mes démons et que je décide d’abandonner pour de bon. J’en suis même arrivée à regarder des adresses d’Hôpitaux Psychiatriques pour me faire soigner. J’ai passé au moins 1h00 sur le site de l’Hôpital, les yeux bloqués sur le numéro de téléphone. Je pense que j’ai besoin d’aide.

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Mes sentiments jouent aux montagnes russes depuis des mois. J’ai l’impression d’être Sissyphe, d’arriver en haut de la montagne pour au final me retrouver encore au point de départ. J’essaye de me changer les idées grâce au sport, je m’y suis plongée à fond. Mais parfois, même le sport ne suffit pas… Alors, je fais quoi dans ces cas là ? J’ai la boule au ventre tout le temps, à longueur de journée. A nouveau, je sombre dans les ténèbres. Alors j’ai décidé d’aller voir le médecin. 5 mois après. Au mois de mai. Je sens que je sature, que je ne suis plus assez forte pour surmonter tout ça, surtout depuis qu’il a décidé d’ignorer la totalité de mes messages et de mes appels. Chez le médecin j’ai craqué, forcément, mais elle a su trouver les bons mots pour m’apaiser un court instant. Elle m’a dit cette phrase à laquelle je pense souvent : « Si tu meurs, tes parents vont s’en vouloir, ils vont te pleurer et après ? Après ils vont continuer leur vie mais toi non. » Elle m’a aussi dit qu’il en avait une autre, enfaite c’est la première chose qu’elle m’a dite lorsque je lui ai parlé de notre histoire. Et elle m’a conseillé de voir un psychiatre, de ne pas en avoir honte car ça allait m’aider à me libérer. Je garde beaucoup trop de choses en moi. Des sentiments négatifs. De la douleur. De la souffrance. Voilà où j’en suis grâce à lui … Je suis suivie psychologiquement ! C’est sur, c’est pour mon bien mais jamais ça ne serait arrivé s’il n’avait pas joué comme ça avec moi. Et ça, ce n’est que le début… Mes démons intérieurs attendaient avec impatience que je leur livre le plat de résistance…

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« Pourquoi ? » Cette question je me la pose chaque jour. Pourquoi il m’a laissé ? Pourquoi il m’a fait du mal comme ça ? Pourquoi il m’a embrassé ? Pourquoi il me fuit ? Pourquoi il me fait ça ? Des questions qui resteront sans réponse honnête de sa part. Pourtant, lorsqu’on s’était revu, j’ai vraiment cru que ça pouvait s’arranger mais… Il m’a embrassé. Il m’a fait espérer. Il a joué avec moi. Pire, il a joué avec mes sentiments alors qu’il savait parfaitement que je souffrais ! Il refusait de répondre à mes messages, à mes appels. Il refusait de me dire la vérité tout simplement. A la place, il a préféré fuir plutôt que d’assumer ses actes ! Il a fini par bloquer mon numéro de téléphone ainsi que mon FB pour pouvoir s’afficher avec sa nouvelle poule. Je me suis sentie humiliée. Il avait joué avec moi. Il m’avait fait croire qu’on pouvait tout recommencer, que je pouvais venir vivre avec lui mais surtout il m’avait fait croire qu’il n’y avait personne d’autre que moi ! « Je ferai tout pour que tu reviennes ! » lui-avais-je promis et il avait acquiescé en m’embrassant une dernière fois. J’étais prête à lui pardonner, j’étais vraiment prête à lui donner une seconde chance et c’est pour ça que je cherchais tant à le re-contacter. « Fiche-moi la paix » auront été ses derniers mots pour moi. Je n’ai pas pleuré, j’ai retenu mes larmes. Je commençais à aller mieux depuis mon rdv chez le médecin, je voulais être forte et remonter la pente pour de bon ! Mais comment trouver la force de remonter lorsqu’on se sent seule et abandonnée ? On ne trouve pas la force, on décide d’agir. J’ai craqué. Quitte a souffrir je voulais que ce soit pour de bon. Un matin, j’ai attrapé un couteau de cuisine et je me suis ouvert l’avant-bras. En faisant ça, je ne pensais même pas aux gens que j’aimais, je pensais juste à me faire du mal tout comme lui m’en faisait. Je voulais absolument que le sang coule. Et il a coulé. J’étais en pleine crise, je sentais mes démons se délecter avec régal du plat principal. J’ai appelé à l’aide avant d’aller plus loin. Ce qui était le pire dans tout ça, c’est qu’après j’avais juste envie de recommencer. Ouvrir ces cicatrices et voir à nouveau le sang couler. J’ai commencé à me mutiler. Ces cicatrices là vont se refermer un jour et disparaître mais celles de mon coeur brisé, celles de mon mental anéanti et de mon âme détruite, elles, ne se soigneront sans doute jamais.

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Est-ce que je voulais mourir en faisant ça ? Non, je ne pense pas. Je voulais simplement me faire du mal. Ressentir réellement la douleur. Je ne voulais pas qu’on pense que je faisais tout ça pour attirer l’attention. Je voulais qu’on voit que j’avais besoin d’aide, que j’allais mal. J’y avais réfléchi la veille avant de m’en dormir et, le matin, en me levant rien n’avait changé, j’avais toujours envie de le faire. Je me disais que plus je repasserais sur les plaies et moins je sentirais la douleur par la suite. J’ai encore la vision du sang qui coule. J’ai l’impression d’être vide. Vide de toutes sensations. Vide de tous sentiments. Vide de toute énergie. Vide de tout, tout simplement. Je suis épuisée mentalement. Les montagnes russes continuent, elles ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain. Je pleure encore souvent en m’endormant et en me levant aussi. Mes pensées sont encore noires. Les cauchemars ont commencé. Les insomnies sont revenues. Mes démons n’attendent plus que le dessert… Mais j’ai décidé que je ne leur ferai pas ce plaisir. Je continue de me mutiler, occasionnellement mais je continue. Pourquoi je fais ça ? Pas pour mourir, ça je le sais, mais pour me faire du mal, pour avoir une bonne raison de souffrir. J’ai envie que ça s’arrête. J’ai envie que la douleur cesse. Ces voix dans ma tête, j’ai envie qu’elles me laissent enfin en paix.

 

Je suis allée voir une psy. Au début c’était compliqué pour moi de me livrer mais le feeling est bien passé et elle a su me mettre à l’aise. Lorsque j’ai eu mon premier RDV chez la psy, je me suis rendue compte que je n’avais pas prononcé son prénom une seule fois. Pourquoi ? Peut-être parce qu’elle ne m’a pas demandé comment il s’appelle ou peut-être parce que je n’en avais tout simplement pas l’envie. C’est bizarre de se retrouver là, face à une personne qui t’écoute parler de ce qui te fait du mal. Ensuite, elle essaye de t’aider à avancer malgré la douleur, malgré la souffrance qui persiste. J’avais peur, les mots restaient parfois bloqués mais je savais qu’il fallait que je dise tout ! Tout ce que je ressentais, tout ce que je pensais, tout ce que j’avais sur le coeur et dans la tête au moment présent ! Lors de ce premier RDV, je ne pouvais pas encore dire si je me sentais mieux ou pas mais ce qui était sur c’est que je n’avais qu’une hâte s’était d’y retourner ! Je pleurais encore en me levant le matin, en préparant mon petit déjeuner, je pleurais sous la douche, dans mon bain, je pleurais lorsque j’étais seule, je pleurais en écoutant de la musique, je pleurais en me couchant le soir, je pleurais en me réveillant pendant la nuit. Je pleurais et je me faisais du mal. Voilà pourquoi j’avais toujours hâte de retourner voir la psy, même si moi je voulais aller à l’hôpital. Mais, au fur et à mesure des séances, ça m’a beaucoup aidé de lui parler de tout. Je me sentais plus à l’aise, en confiance. En parallèle, j’ai commencé à écrire des lettres. Pour lui envoyer ? Je ne sais pas. Pour aller mieux ? Sûrement. En tout cas ça me fait du bien d’écrire et de pouvoir enfin mettre à plat ce que je ressentais au fond de mon cœur meurtri. Mais j’ai surtout l’impression de garder une certaine proximité avec lui grâce à ces lettres, c’est un peu comme si je m’adressais à lui, comme si je lui parlais sauf que je sais qu’il ne me répondra jamais. Il n’en a pas le courage. Ou pas encore. Peut-être lui enverrai-je ces lettres un jour. Ce que vous lisez ce sont certains paragraphes des lettres que je lui ai écrite.

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Je parle de moins en moins de lui à ma psy et j’ai même commencé à lui écrire de moins en moins de lettres. Peut-être parce que je vais mieux, peut-être parce que je n’en ressens pas le besoin. Lorsque je sens que je vais bien, j’ai envie d’écrire mes progrès. J’ai fait un grand pas : je n’écris plus pour lui mais pour moi ! Je le sens au fond de moi, je vais mieux mais j’ai peur de sombrer à nouveau. Je pense encore à lui malgré tout. Il est encore est toujours dans ma tête et dans mon cœur. La preuve que je ne suis pas encore totalement guérie. Mais, parfois, j’arrive à lâcher prise. J’arrive à me dire que peu importe, il ne reviendra pas de toute façon alors je dois penser à moi et VIVRE ! Ma cicatrice se referme et disparaît au fil des jours. Les cicatrices qu’il a laissé sur mon cœur et mon âme sont toujours grandes ouvertes et saignent encore, de temps à autre. Ce n’est pas seulement un cœur qui est brisé, c’est également une personne toute entière et surtout une confiance en soi qui a été détruite. Il ne le sait peut-être pas mais lorsqu’il m’a jeté comme une moins que rien, lorsqu’il ne voulait plus m’adresser la parole et surtout quand j’ai découvert la vérité, tout en moi s’est écroulé ! Tout en moi s’est détruit ! Je me suis sentie humiliée ! Mon mental, mon âme, mon esprit, mes sentiments, le peu de confiance que j’avais en moi, tout ce qui fait qu’on se sent humain et vivant, tout ça s’est brisé ! J’étais vide. Et la suite vous la connaissez, je me suis fait du mal. Mais aujourd’hui je n’ai plus envie de me faire du mal ! C’est vrai, quand je regarde ma cicatrice se refermer, j’ai souvent envie de l’ouvrir à nouveau pour voir le sang couler, mais maintenant mon mental redevient plus fort ! Mon mental prend le dessus sur mes sentiments ! Et je n’ai plus envie de l’ouvrir, je n’ai plus envie de voir mon sang couler, je n’ai plus envie de me faire du mal ! Pour moi c’est une grande avancée et comme me l’a dit ma psy : « Tu es sur le chemin. »

 

Les plaies qu’il a laissé derrière lui sont toujours ouvertes, c’est moins douloureux qu’avant, moins douloureux qu’au début mais elles sont toujours là. Je sens que je vais mieux, je sens que je progresse, que j’avance et que je me reconstruis tout doucement. Je n’ai pas besoin de me précipiter, j’ai envie de guérir alors je préfère prendre mon temps. Je vois toujours ma psy. Ca me fait du bien. Je parle de moins en moins de lui, même s’il est toujours présent dans mes rêves et dans mes pensées, même si le manque est toujours présent malgré tout mais c’est normal, ma psy m’a dit que je suis encore très attachée à cette relation. Néanmoins, désormais, je vois une porte ouverte vers mon avenir, j’ai compris qu’il fallait que je pense à mon propre bien. J’ai compris qu’il fallait que j’ose pour ne plus rien regretter. Lorsqu’on était ensemble, lui et moi, il était comme une protection, un remède pour moi. J’avais cette impression que rien de mal ne pouvait m’arriver tant qu’on était ensemble, et puis il est parti, il m’a trompé et abandonné. Je me suis retrouvée sans plus aucune attache, plus rien à quoi me rattraper pour y croire encore. Aujourd’hui j’ose ! Je ne veux plus me priver sous prétexte de me sacrifier pour l’autre ! Ce n’est pas parce que je suis seule désormais qu’il faut que je me morfonde sur mon sort ! Oui, j’ai appris de cette sombre période, j’ai appris de ce qu’il m’a fait subir. Je vois plus clair maintenant !

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Aujourd’hui, lorsque je regarde ma cicatrice, je me dis qu’aucune personne ne vaut la peine qu’on souffre pour elle… Je me suis rendue compte que je ne devais pas m’apitoyer sur mon sort, je n’en avais pas le droit parce que des personnes souffraient beaucoup plus que moi et ne demandaient qu’à vivre. Alors j’ai pensé à la chance que j’avais d’être en vie et bien entouré, et je me suis dis que ce n’était pas juste pour toutes ces personnes.  Mon seul tort aura été de l’aimer et de lui faire confiance. Il a abusé de cette confiance, il ne m’a pas respecté alors qu’il essayait de me prouver le contraire ! Le fait d’avoir été trompée, manipulée, détruite m’a terriblement affecté. Voilà ce qui a été le plus difficile à surmonter, faire face à ses mensonges et à sa malhonnêteté, me sentir comme une moins que rien et me prouver qu’il avait raison de me faire souffrir, me sentir vide et sans plus aucune confiance en moi. La recherche d’emploi n’arrangeait rien parce que je me sentais encore plus vulnérable. J’avais l’impression d’être dans un état végétatif, de ne plus avoir aucune envie, plus aucune motivation. J’avais l’habitude de dire que j’allais mieux mais que ça ne voulait pas dire que j’allais bien pour autant. On ne peut pas toujours avoir le sourire mais on peut décider de vouloir s’en sortir ! Mon premier pas vers la « guérison » je l’ai fait lorsque je suis allée voir mon médecin. Le deuxième pas a été celui d’accepté de me faire aider et d’aller voir une psy. Le troisième pas je l’ai fait en reprenant goût à mes loisirs comme retourner à la salle de sport pour me vider l’esprit et ne pas abandonner mes objectifs ou encore pâtisser et profiter des soirées entre amies et en famille. Du mois de décembre au mois de mai, j’étais à la limite de la dépression, à la merci de mes démons. Le mois de juin a été le mois de la reconstruction pendant lequel j’ai essayé de reprendre confiance en moi grâce, notamment, aux conseils de ma psy. Le mois de juillet sera la continuité de ce travail que je fais sur moi et, je l’espère, la concrétisation de quelque chose de nouveau.

« Ne sois pas la cinquième roue du carrosse. Sois le cheval qui le tire ! »

11 réflexions sur “Every day is a second chance…

  1. UneDemoizelle dit :

    Ton article m’a énormément touché et m’a mis les larmes aux yeux. J’ai une amie qui a vécu des choses un peu similaires et qui a fait deux tentatives de suicide… Aujourd’hui elle va beaucoup beaucoup mieux, elle a enfin sorti la tête de l’eau et respire le bonheur ! Mais ça peut prendre énormément de temps pour se reconstruire après de telles épreuves, chaque personne réagit différemment. En tout cas tu a l’air d’être sur la bonne voie, rien que le fait d’avoir réussi à écrire ces articles et de pouvoir mettre des mots sur tes sentiments le prouve. Je t’envoie plein de courage ♥︎

    Aimé par 1 personne

    • mariemangedesfruits dit :

      Merci ça me touche tellement ❤ Ca n’a vraiment pas été facile pour moi, surtout au début je faisais semblant d’aller bien pour ne pas inquiéter mes proches mais au bout d’un moment tu craques, tu n’es plus assez forte… Je commence à aller mieux depuis quelques semaines, ça fait tellement du bien ! Merci ❤

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  2. Polina dit :

    Ma belle, je peux te comprendre parfaitement, cela peut sembler futile venant de qqn que tu ne connais que virtuellement via des textes interposés mais j’ai déjà ressenti ce que tu décris. Crois moi, ta vie est trop précieuse pour la foutre en l’air pour qui que ce soit. Une telle déception amoureuse nécessite bien plus que quelques semaines pour s’en remettre, certains mettent même plusieurs années pour accepter que ce qu’ils ont vécu pendant autant de temps est révolu. Quant à notre place en ce monde ? On croit parfois l’avoir trouvée à tort, la vie nous montre le contraire… Certains ont une vocation dès l’enfance, d’autres la trouvent au fil du temps… Ne te prends pas la tête et essaye de faire, pour l’instant, simplement ce qui te fait du bien. Tu en sortiras plus forte, et plus heureuse je l’espère. Porte toi bien, je te fais une bise.

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    • mariemangedesfruits dit :

      Merci ma belle, je suis tellement touchée par ton message ❤ J’avance petit à petit pour ne pas brûler les étapes et je sens que ça va mieux depuis quelques semaines. J’ai de nouveau des projets, la motivation et des envies de renouveau, je pense que c’est plutôt bon signe. Merci ❤

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  3. Marianne dit :

    Ma chérie j’ai limite les larmes aux yeux. Je suis un peu bouleversée par ton article. Tu sais, je ne suis pas restée 7 ans avec quelqu’un mais ce que tu racontes en fait je l’ai vécu des deux côtés. Quand on trompe quelqu’un c’est souvent parce qu’on a des raisons de le faire des raisons propres et personnelles et je pense que celui dont tu nous parles avait ses raisons alors même si c’est un acte affreux quand tu es du côté de la personne trompée ce garçon dont tu nous parles avait sûrement ses raisons. Certes la fille avec qui il l’a fait tu l’as insulté et tout mais voilà ce n’est pas à elle qu’il faut s’en prendre mais à lui. Ce que je déteste dans ton histoire (pour l’avoir vécu) c’est le fait de t’avoir fait espéré moi aussi pendant un an j’ai espéré un an de ma vie à pleurer, à aller mal, à avoir le moral à 0 et un jour tu te réveilles et tu te dis mais faut que ça cesse alors tu coupes tout. Je sais que tu as eu l’idée de te mettre en mode off si à court terme c’est peut être la bonne solution ce ne l’est pas à long terme car tout le monde est humain et tu verras que tu aimeras de nouveaux car tu es une fille formidable.

    Une rupture n’est jamais facile mais je suis assez « choquée » de savoir que tu t’es mutilée j’avais juste envie de te faire des câlins durant tout l’article. Tu es une personne géniale et si positive ma chérie tu mérites que du bonheur tu vas t’en sortir, avec le sport , ta famille, tes amis et l’écriture. Moi aussi je lui ai écris des lettres que j’ai jamais donné mais cela fait tellement du bien. Ce mec est un abruti pour rester poli, tu vas remonter la pente.

    Je t’aime si fort ❤

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  4. bordelaise-by-mimi.com dit :

    Hello Marie,
    Je vois que petit à petit tu te reconstruit, et ça fait plaisir 🙂 Je suis passée plus ou moins par le même chemin après une rupture et on se sent comme un loque humaine. On se sent vide, inutile, comme une coquille. C’est grâce au taf, au psy et aux copines que je m’en suis sortie. C’est peut être bête à dire mais seul le temps soigne ce genre de blessure. Tu as bien fait d’aller voir un psy et de te remettre au sport. ça permet d’exorciser sa douleur. J’espère que Juillet et Août vont te permettre de remonter la pente comme dit Marianne 🙂
    Je t’envoie plein de good vibes! J’espère que tu trouveras également ta voie niveau taf 🙂
    Bisous et bonne soirée
    Mimi

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    • mariemangedesfruits dit :

      Merci beaucoup Mimi ❤ Aller voir une psy m’a fait énormément de bien, j’ai encore des RDV mais toutes les deux semaines, ça reste encore frais et difficile parfois donc je préfère ne pas arrêter de la voir pour le moment, je me sentirai surement prête quand je reprendrai une activité. Merci ❤

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  5. marjoriehirtz dit :

    Ton article.. waw, j’ai pas vraiment les mots mais comme on en a parler la dernière fois, tu comprend mon point de vue.. On est tous avec toi, le tout est de prendre confiance en soi, on ici pour quelque chose j’en suis persuadé, la volonté d’y rester est rude, mais c’est cette question du « pourquoi je suis ici? » qui nous permet de rester finalement..

    Tu m’as beaucoup touché..

    Bisou,
    Marjorie du blog http://marjoriehirtz.com

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