Stérilisation volontaire, parcours de la combattante ? Je vous réponds.

J’ai toujours su depuis longtemps que je ne veux pas avoir d’enfant. Je savais qu’un jour j’aurais recours à une opération, je l’ai toujours dit et j’y ai beaucoup réfléchit. Pour ce faire, j’ai donc entamé les différentes démarches (retardées à cause du COVID) pour y parvenir. Aujourd’hui, 1 mois après cette opération, j’ai décidé de vous en parler pour que la ligature des trompes sortent du silence et ne soit plus vue comme la bête noire des femmes.

4 mois de réflexion

Vous vous en doutez, cela fait beaucoup plus de 4 mois que j’y réfléchissais mais c’est le délai recommandé pour être sûre et certaine de son choix avant de passer à l’étape suivante. Pour cela, j’ai pris RDV avec ma gynécologue et je ne suis pas passée par quatre chemins, je lui ai directement fait par de mon choix de me faire ligaturer les trompes. Le nom scientifique pour cette chirurgie est la salpingectomie. Bien entendu, entant que professionnelle, elle est obligée de mettre en garde sa patiente sur l’irréversibilité de cette opération. Elle m’a directement donné un prochain rendez-vous, 4 mois plus tard.

La loi autorise la stérilisation volontaire à partir de 18 ans que ce soit pour les hommes que pour les femmes mais encore beaucoup de professionnel.le.s de santé refusent la salpingectomie soit disant à cause du jeune âge de leur patient.e.s. Ils ne respectent donc pas la loi mais une morale qui est la leur. J’ai eu de la chance de tomber sur une gynécologue compréhensive et sans jugement. Il existe une liste de médecins acceptant de pratiquer la stérilisation volontaire, vous pouvez la trouver sur ce groupe d’entraide : Stérilisation Volontaire (Ligature, Essure, Vasectomie), que je vous conseille de rejoindre si vous souhaitez commencer les démarches pour une ligature des trompes, vasectomie ou autre. Vous y trouverez pas mal d’informations, des conseils et surtout des témoignages.

4 mois plus tard, je retourne voir ma gynécologue. Elle m’ausculte pour voir si tout va bien et me donne le feu vert pour prendre RDV avec un.e chirurgien.ne. Elle m’a donné un numéro et j’ai appelé directement. La machine est lancée !

Rendez-vous avec le chirurgien

J’ai donc pris RDV avec un chirurgien à l’hôpital. Au début, je devais me faire opérer en avril mais avec le confinement et le COVID mon opération a été reportée en octobre. Le chirurgien met également en garde sur le côté irréversible de l’opération et il y a pas mal de papiers à lire et à signer. Il m’a expliqué les différentes méthodes utilisées lorsqu’on procède à une ligature des trompes et m’a également rappelé que l’homme peut subir une vasectomie (l’opération est moins lourde).

Voici quelques détails sur les différentes méthodes de stérilisation tubaire / ligature des trompes :

La stérilisation tubaire concerne les trompes de fallope. On va empêcher par différents moyens la communication entre les ovaires et l’utérus, donc éviter la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde.

  • La salpingectomie bilatéralle : les trompes sont retirées dans leur totalité.
  • La salpingectomie totale : ablation de la trompe dans sa totalité.
  • La salpingectomie partielle : on pratique l’ablation d’une partie de la trompe.
  • Par cautérisation : la trompe est cautérisée en son milieu.
  • Par « bandage » : la trompe va être comprimée sur 2 parties par une sorte de petit élastique.
  • Par clips : on va appliquer une sorte de pince sur la trompe en son milieu. C’est la méthode que les médecins préfèrent utiliser car plus facile de les retirer pour retrouver sa fertilité. C’est cette méthode que le chirurgien a choisi lors de mon opération.

Il n’existe aucun risque au niveau hormonal, les ovaires ne sont absolument pas concernés dans ces différentes méthodes. Si une modification du cycle menstruel survient après l’opération, plusieurs raisons peuvent en être la cause (l’arrêt d’une contraception hormonale, l’état de santé mental comme la fatigue, le stress…)

Rendez-vous avec l’anesthésiste

Lea chirurgien.ne vous donnera ensuite un RDV avec un.e anesthésiste puis programmera la date et l’heure de l’opération (oui déjà). Bon parfois, les anesthésistes refusent mais n’oubliez pas que c’est votre choix, que vous pouvez le défendre et qu’iels doivent le respecter. L’anesthésiste va vous expliquer comment va se dérouler l’opération, notamment la façon dont vous allez être endormies (anesthésie générale). Vous aurez encore des papiers à remplir, surtout pour savoir si vous n’avez pas d’allergies, de problèmes de santé… C’est très important de ne rien omettre !

Le RDV avec l’anesthésiste est, en général, programmé une semaine avant votre opération.

Salpingectomie : c’est le jour J

Le jour J est arrivé très vite. Ne vous inquiétez pas, tout est très bien expliqué sur la façon de procéder avant l’opération. L’anesthésiste vous l’explique et l’hôpital peut même vous passer un coup de fil la veille pour tout vous remémorer.

C’était la première fois que j’allais subir une opération, une anesthésie générale. Je vous avoue que c’est ça qui me stressait le plus : l’anesthésie générale. J’avais peur de me réveiller pendant l’opération ou de ne pas me réveiller tout court. C’était étrange, j’étais stressée sans l’être vraiment, j’avais surtout hâte que ça se termine et d’être enfin « libérée et délivrée » !

RDV à 7h00 à l’hôpital. J’étais dans une chambre avec une dame très gentille, j’ai pu papoter un peu avec elle et ainsi être moins stressée. Vers 9h30, on descendait mon lit au bloc. L’équipe était vraiment très à l’écoute et bienveillante, à chaque fois on m’expliquait ce qu’on allait me faire, ce qui diminuait un peu mon stress. Je me souviens de l’arrivée de l’anesthésiste, très gentille, qui m’a dit que j’allais commencer à ressentir les effets de l’anesthésie (par perfusion). J’avais l’impression que quelque chose embaumait tout mon corps. Je sentais le stress monter d’un coup. L’anesthésiste m’a calmé, elle m’a dit : « vous avez le droit de pleure, on serait tous dans le même état que vous si on était à votre place » et puis plus rien. Je me suis retrouvée dans la salle de réveil complètement dans le pâté. Je ne sais même pas qu’elle heure il était, j’avais juste envie de dormir.

Franchement, c’était ça le plus dur : être encore sous l’effet de l’anesthésie, donc être complètement dans le pâté. En revenant dans ma chambre, j’avais un bon bol de soupe, des biscottes des yaourts (la compote de pomme était délicieuse) et le fameux kiri. Il faut savoir que vous devez impérativement aller aux toilettes et voir le chirurgien avant de sortir. Buvez également beaucoup d’eau pour évacuer un maximum l’anesthésie.

Après l’opération

Je n’ai pas eu de douleurs. Même les gaz dans les épaules ne m’ont pas plus dérangé que ça. Je m’allongeais souvent ainsi la douleur passait mieux. La seule chose compliquée était de me relever, ça tirait un peu dans mon ventre et donc sur mes points de sutures mais sinon pas de grosses douleurs dues à l’opération. J’ai eu 3 points de suture : un au niveau du nombril et deux au niveau du pubis. Bien entendu, tout cela dépend des personnes.

1 mois après mon opération, j’avais un dernier RDV avec le chirurgien pour s’assurer que tout allait bien. J’ai également arrêté la pilule que je prenais depuis 10 ans.

Mon amie biotifulpoisonivy prépare une vidéo sur le sujet et m’a proposé d’apporter mon témoignage. Je publierai sa vidéo sur le blog une fois qu’elle sera en ligne.

J’espère que cet article vous sera utile

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